Littérature étrangère

 

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Littérature japonaise Le goûter du lion, Ito Ogawa, Ed Picquier, 272 p., 19,00 €


 

Quatrième de couverture :

Ce qui fait de ce livre grave et pudique un roman solaire, c’est d’abord le lieu : l’île aux citrons dans la mer intérieure du Japon, qu’il faut gagner en bateau ; et encore, l’image magnifique de l’union de la mer, du ciel et de la lumière : la mer scintillante, illuminée par un incroyable sourire, surplombée par la Maison du Lion, ce lieu de paix où Shizuko a choisi de venir pour vivre pleinement ses derniers jours en attendant la mort.

Avec elle, nous ferons la connaissance des pensionnaires — ses camarades, ses alliés et pour tout dire, sa nouvelle famille — ainsi que de la chienne Rokka qui s’attache à elle pour son plus grand bonheur. En leur compagnie, il y aura aussi les goûters du dimanche où grandit peu à peu son amour de la vie quand on la savoure en même temps qu’un dessert d’enfance, une vie qui aurait le goût de la fleur de tofu, d’une tarte aux pommes ou des mochis-pivoines.

Avec la délicatesse d’écriture que nous lui connaissons dans ses précédents romans, Ogawa Ito entraîne peu à peu Shizuko sur un chemin de poésie dont la mélodie possède la voix grave et conciliante d’un violoncelle ; un chemin apaisé comme pour dire la gratitude d’exister. »

 

 

Un livre émouvant  

Le goûter du lion aux éditions Picquier s’est refermė doucement sans faire de bruit, me laissant émue par cette lecture. Ito Ogawa dépeint la mort avec bienveillance et amour, et je n’aurais jamais pensé lire un jour un livre qui aborderait la maladie en phase terminale d’une manière aussi humble et raffinée.

Shizuku Umino, 33 ans, se rend compte qu’elle n’a aucun espoir de guérison face à la maladie, et ces jours sont comptés. Après avoir dit adieu aux gens qui l’entourent, elle a pris soin de ne rien dire à son père bien-aimé. C’est avec un cœur lourd qu’elle a quitté sa famille et sa vie paisible. Shizuku a pris sa décision avec fermeté, elle souhaite finir ses jours face à la mer sans déranger personne, et s’envoler doucement vers le ciel. Emportant avec elle, ses souvenirs et ses regrets, Shizuku accepte son sort avec ténacité et humilité. Cependant, elle réalise qu’elle ne connaissait pas ce lieu, était-il aussi apaisant comme il décrit ? Appréciera-t-elle la compagnie des autres ? Quoi qu’il en soit, le médecin a dit qu’il ne lui restait que quelques mois à vivre.

Le jour de Noël, elle se rend à L’ile au citron, un endroit calme, pour finir sa vie en paix. Dans lamaison du lion, les malades sont entourés d’amour, choyés et écoutés, sachant que la mort les attend à tout moment.

Ito Ogawa dépeint des thèmes sensibles comme la maladie, la fin de vie et de la mort avec délicatesse et bienveillance. Tout est décrit avec précision, les mots sont choisis pour réconforter, rassurer, apaiser le patient, lui redonner l’espoir d’une nouvelle vie meilleure que sur terre. Elle révèle silencieusement l’éclat de la lumière qui attend chacun de nous. L’auteure nous baigne dans une atmosphère sereine et épanouissante. La maison du lion offre tant d’émotion qui entoure ses patients au quotidien. Cela souligne l’importance d’une communication dans la bonne humeur dissipant ainsi la colère, l’angoisse et  l’ambiguïté auxquelles les bénéficiaires sont confrontés face à la mort. Tout est décrit avec pudeur. L’amour et le confort Madonna, Tahichi, ou Rokka, la chienne, apaiseront les peurs de Shizuku. Leur présence éclairera son cœur en proie aux incertitudes. Ito Ogawa extrait en douceur les émotions sans déranger les personnages ou le lecteur. Elle construit une relation profonde avec nous et les protagonistes pour mieux discerner leurs sentiments les plus intimes.

Le Goûter du lion met en lumière grâce à l’écriture délicate d’Ito Ogawa l’approche de la mort, sans précipitation ni agitation. Elle a créé un cadre idyllique pour les malades en phase terminale et les réconforte avec des bonnes recettes culinaires japonaises, leur permettant de renouer avec de merveilleux souvenirs. Ainsi, ils partent en paix, réconciliés avec eux-mêmes et avec les autres.

Une belle découverte en littérature japonaise . Dorénavant , Ito Ogawa fera partie de mes préférences. Un livre touchant que je ne peux que vous conseiller de lire.