Roman

 

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La Doublure, Melissa Da Costa, Ed Albin Michel, 576 p., 20,90 €


 

Quatrième de couverture :

Passion, faux-semblants, emprise… Qui manipule qui ?

Une jeune femme fragile en quête d’un nouveau départ.

Un couple magnétique et fascinant prêt à lui ouvrir les portes de son monde doré.

Un trio pris au piège d’un jeu cruel et d’une dépendance fatale.

Dans ce roman sombre et envoûtant, Mélissa da Costa explore, à travers l’histoire d’une passion toxique, la face obscure de l’âme humaine et les méandres du désir.

 

Une histoire infernale

On m’avait prévenu que la lecture de ce livre est différente des autres romans de Melissa da Costa, d’un autre style, et plus glauque. Je n’ai encore lu aucun de ses écrits, et avec curiosité j’ai commencé mon exploration de ce que j’allais trouver dans ce roman, que je qualifierai d’incroyable et d’infernal. Je dois admettre à l’avance que j’ai été époustouflé par le récit effrayant, sombre et captivant.

Le quotidien d’Evie à Marseille est monotone. Une maison délabrée, un emploi dérisoire et un partenaire inexistant. Des années d’attente pour un homme qui aime la mer. Soudainement, elle se retrouve dans une impasse. Jean part pour un nouveau départ, laissant Evie dans l’obscurité du lendemain après cinq ans de soi-disant vie commune. Elle se rend compte de sa bêtise et décide de changer de destin, d’aller ailleurs, de trouver un métier décent et d’oublier cet ingrat. Contrairement à sa mère, Irène, qui est devenue son amie et confidente lors des aventures maritimes de son fils.

Septembre 2018, ce mois va métamorphoser la vie d’Evie à tous les niveaux. Alors qu’elle cherchait un nouveau travail dans le port de Marseille, elle rencontre Pierre Manan. Un homme qui se démarque dès le départ, assez beau et distingué. Il lui propose de devenir l’assistante de sa femme Clara Manan ou la peintre Calypso Montant. Elle a besoin de quelqu’un pour s’occuper de ses affaires.

Evie accepte rapidement son offre d’emploi à Nice pour se débarrasser de tout ce qui lui rappelle sa triste vie.

Son séjour avec les Manan lui donne le goût du luxe, une saveur particulière qui lui redonne confiance en elle. Tout d’abord, la relation entre les trois personnages est pudique et discrète, et se base sur l’apprentissage et l’appréciation de l’esthétique, la communication est respectueuse. Les peintures de Clara sont troublantes, mélange de laideur et de beauté humaine. Dans ces peintures, tout est tellement irréel.

L’auteure nous apporte des références bibliques et artistiques dans une histoire imprégnée d’immoralité, d’interdit et de jeux sexuels.

En acceptant d’être la doublure de Calypso Montant lors d’expositions et autres, Evie n’a aucun doute sur ce qui l’attend. À chaque instant, à chaque événement, on découvre la face cachée de chaque personnage, combattant leur sens en effeverscence, révélant des tabous en mêlant amour et haine. Le cadre est magique, mais l’obscurité de l’âme humaine est lentement présentée, brisant beaucoup de choses. C’est déstabilisant, mais aussi fascinant.

Une fiction noire sur la psyché humaine, dépeignant une passion déchirante et un mélange troublant de sexualité, de drogue et de manipulation. La boucle est infernale, sans répit, jetant le lecteur dans un scénario improbable où il ne sortira pas indemne. C’était un bon début pour moi, et ça m’a donné envie de lire les autres romans de l’auteure sur ma Whislist.