Moi aussi je sais voler - Amy Reed
Jeunesse – Amy Reed auteure – Achat livre
Roman ado : "Moi aussi je sais voler" - Amy Reed - Albin Michel Jeunesse - France
Quatrième de couverture:
Billy et Lydia n'ont pas grand-chose en commun si ce n'est leur ville oubliée du monde et l'absence d'une mère.
Et pourtant, c'est ensemble qu'ils vont faire vaciller le monde. Alors que l'optimisme sincère et souvent naïf de Billy se heurte au cynisme de Lydia, leur amitié grandit. Pendant ce temps, les événements étranges se mutliplient : un brouillard épais enveloppe la ville, la maison de Billy semble se réveiller d'un long sommeil... Et Lydia recommence à danser, à vivre, à voler.
Amy Reed signe un roman magistral, peinture sans concession de l'Amérique de Donald Trump, avec des accents de réalisme magique qui rappellent aussi bien Laura Kasischke que Garcia Marquez.
Mon avis:
Après des études cinématographiques , Amy Reed se lance dans l’écriture , sa véritable passion . A ce jour , elle dispose de plusieurs romans Young adult .
Suite à un concours organisé par Albin Michel jeunesse éditions sur Instagram , j’ai eu la chance d’être parmi les sélectionnées pour une lecture commune sur “ Moi aussi , je sais voler “ traduit par Valérie Le Plouhinec , sorti le 6 janvier 2021 .
Après un court extrait sur Licornes contre Dragons par Christie Romney se présente à nous une histoire pas comme les autres .
Fog Harbour sillonne d’habitants qui se ressemblent. Une vie plate et morose à souhait. Rien à déclarer dans le coin à part que l’année s’annonce houleuse par l’alliance entre les lycées de Carthage et de Rome. La rivalité est constante entre eux, il faut s’attendre à quelques bouleversements.
En pleine crise sociale avec en-tête au gouvernement un roi aux idées loufoques , la tension est perceptible.
C’est la rentrée scolaire pour Billy qui se prépare pour la terminale. La solitude est le compagnon de ce jeune adolescent . Il est hanté par son passé et fuit le présent par des pensées imaginaires .
Le souvenir de sa mère toxicomane l’éloigne des substances nocives. Son décès le hante dans son quotidien. Avec une grand-mère acariâtre et grincheuse à volonté qui le loge et un oncle héroïnomane célèbre Rock Star absent , le moral n’est pas au beau fixe . Ces activités reposent sur des émissions de télévision partagées entre la psychologie et les alcooliques anonymes . Rien de bien engageant et joyeux à l’horizon pour ce garçon en mal-être jusqu’à l’arrivée d’une jeune fille à l’école.
Lydia vient de Carthage , dispose d’un aspect distinct et d’un tempérament de feu . Toujours en mode défensive , la communication est restreinte avec elle . Le Skate est son fidèle compagnon , aussi solitaire que Billy . Pas un jour ne passe sans que la mémoire de sa mère décédé ne la ramène à de vagues et douloureux souvenirs . La présence de son père quelque peu maladroit rajoute à sa peine . Sous ce masque se cache peut-être une fille fragile .
Une date à retenir entre ces deux jeunes adolescents . Une amitié prend naissance en douce entre eux et les enveloppe d’une bienveillance mutuelle .Ils ont chacun pour bagage un vécu empli de souffrances . La pauvreté et la faim frappent continuellement à leur porte. Ce rapprochement sera sans contexte un soutien salutaire .
En pleine crise identitaire , Billy et Lydia cherchent leur voie . Chacun reflète une part de sa personnalité ,soit par la soumission pour Billy , ou bien l’agressivité pour Lydia . Avec une forte instabilité émotionnelle, ils ont dû mal à trouver un juste- milieu. Une colère gronde dans leur coeur blessé . Chacun l’exprime à sa manière . Je perçois des personnalités qui étouffent face à une existence qui ne promet aucun futur .
La sensation oppressante et omniprésente de ne pas être à la hauteur occupe l’esprit chaotique de Billy . D’étranges phénomènes apparaissent dans sa maison suite à cette confusion . L’ambiance familiale rajoute à ses souffrances et piétine son MOI . Ce garçon est quasi inexistant devant les autres . Il vit dans une bulle .
La disparition de sa mère mène Lydia à se détacher de ses sentiments . Toujours hostile envers son entourage , notamment son père . Le manque de communication est évident et la plonge vers des hallucinations visuelles inquiétantes .
Amy Reed apporte une description détaillé sur Billy et Lydia . Derrière chaque chapitre se déclenche une rencontre , des secrets ou des évidences partagés d’un ressenti puissant . L’écrivaine impose des questions essentielles en développant la complexité de la nature humaine .
L’attente d’une quelconque réponse aux événements déclencheurs , à cette atmosphère sombre est insoutenable voir incompréhensible durant toute la lecture . Je pense que c’est l’effet recherché de l’écrivaine .
Un roman pour ado fluide , à la couverture attrayante ( à part quelques longueurs sans trop de conséquences pour la lecture ) qui surprend quelque part par sa narration .
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