Littérature étrangère - Japon 

 

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Littérature japonaise Les délices de Tokyo, de Durian Sukegawa ӏ Ed Le livre de Poche , 224 p., 7,40€


 

Quatrième de couverture :

« Écouter la voix des haricots » : tel est le secret de Tokue, une vieille dame aux doigts mystérieusement déformés, pour réussir le an, la pâte de haricots rouges qui accompagne les dorayaki, des pâtisseries japonaises. Sentarô, qui a accepté d’embaucher Tokue dans son échoppe, voit sa clientèle doubler du jour au lendemain, conquise par ses talents de pâtissière. Mais la vieille dame cache un secret moins avouable et disparaît comme elle était apparue, laissant Sentarô interpréter à sa façon la leçon qu’elle lui a fait partager.

Magnifiquement adapté à l’écran par la cinéaste Naomi Kawase, primée à Cannes, le roman de Durian Sukegawa est une ode à la cuisine et à la vie. Poignant, poétique, sensuel : un régal.

 

Un roman poignant

Poétique, philosophique et douce, c’est ce que représente pour moi la littérature japonaise. Les Délices de Tokyo par Durian Sukogawa a retenu mon attention pour son exquise abstraction à la médiathèque.

Dans la rue des cerisiers se trouve une boutique de Dorayaki, célèbre pâtisserie japonaise qui rajeunit les papilles avec sa variété de saveurs. Chaque jour, Sentarô, le marchand, s’affaire à confectionner les délicieux Dorayaki pour faire plaisir à sa clientèle, devenue rare. N’ayant pas la recette de base pour apprêter ce dessert, il ne peut compter que sur des produits industriels, rien de plus. À part préparer les pancakes, la pâte pour la farce, Il ne sait rien faire d’autre.

Un jour, son attention se tourne vers une vieille femme frêle avec un grave handicap au niveau des doigts. Ses visites régulières l’amène à accepter de l’engager pour une durée déterminée, à la condition que sa présence soit invisible pour les habitués. Il approuve un peu à contrecœur.

À 76 ans, Tokue Yoshii a toujours le talent de confectionner des dorayaki exquis et uniques. Par l’observation, il commence à comprendre l’énigme de cette recette. Débute alors une relation intime et amicale entre ces deux personnages aux expériences douloureuses. Dès que son secret est révélé, Tokue disparait.

Durian Sukogawa décrit une rencontre fortuite et touchante entre un homme au vécu troublé et une femme âgée hantée par les souffrances du passé. Tous deux entreprendront ensemble un voyage d’illumination à travers un échange modeste et philosophique sur l’importance de l’être. Tout en véhiculant les saveurs de la nourriture japonaise, l’auteur explore des thèmes profonds et subtils. Il alterne entre le sucré et le salé sans déranger le lecteur.

Avec tendresse, humilité et transparence dans ses propos, il nous dévoile la noirceur de certains événements qui ont défrayé la chronique au Japon il y a bien longtemps.

Dans ce roman, j’ai pu non seulement ressentir la délicatesse de la cuisine japonaise, mais aussi apprendre des faits douloureux plus méconnus dans l’histoire du Japon. Un livre qui éveille les sens et partage avec nous un beau récit éclairant sur la signification de la vie. Si vous voulez lire un auteur brillant , retenez-le dans votre pile à lire.