Roman – Rémy Belhomme - Les Editions au Pluriel

 

Aurel dessinateur de presse - Rémy Belhomme -

Quatrième de couverture:

 

Ce n'est ni un conte, ni une tragédie, ni une comédie ; ce roman, c'est son histoire...

C’est le foutoir dans ma tête.

Pourtant j’aime le classement. Une place pour chaque chose et chaque chose à sa place, ma vie sociale a toujours été rythmée et ordonnée par ce principe avec une précision quasi mécanique, obsessionnelle même. J’ai la passion des dossiers suspendus et des classements en arborescence. Avoir la certitude de pouvoir exhumer une information précise, d’attraper un dossier sans chercher, sans hésiter, me procure un sentiment de sécurité indispensable.

Dans ma tête c’est le foutoir. On se croirait dans le bureau d’un obscur notaire de sous-préfecture qui approche de la retraite et se retrouve dépassé par quarante ans d’archives non classées. Un demi-siècle de successions, de cessions et d’actes tous plus compliqués les uns que les autres. Des piles énormes de donations à un hypothétique dernier vivant mort depuis vingt ans. Une vie entière de recherches généalogiques inabouties butant sur des cousinages inextricables. Le tout gisant à même le sol ou sur le sommet d’armoires bancales prêtes à vomir des tonnes de documents dactylographiés, authentifiés, paraphés, officialisés mais néanmoins jaunis, et oubliés de tous sauf des araignées.

Dans ma tête c’est comme une chambre de gosse jamais rangée. Tout y est, tout est là, posé, empilé, entassé mais dans un ordre tellement improbable que rien n’est accessible simplement. Difficile d’attraper un souvenir heureux sans prendre sur la tête le lourd dossier marqué « ambiances familiales ». Impossible de sortir la fiche « j’étais heureux d’aller pêcher avec mon père » sans mettre à jour l’impression honteuse de la voiture surchargée transportant pour les vacances toute la smala familiale, comme la bande annonce d’un film de Kusturica. Si je m’agenouille pour attraper sous le lit le recueil intitulé « École communale », je me blesse sur la voiture de pompiers Dinky Toy oubliée là depuis l’enfance. Rien de plus solide et de plus agressif que ces voitures en métal. Surtout la grande échelle.

 

Mon avis:

Rémy Belhomme se considère comme une personne ayant le sens de l'organisation au quotidien. Dans son esprit, il est irrationnel. Ce fait contradictoire renvoie à son enfance . Selon l’écrivain , il serait temps de ranger le fouillis de sa chambre . Sa plume sera la voix de son âme d’enfant . Et quelle plume ! 

Il publie “La mama de Casa” chez Les éditions au Pluriel .

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Merci Marika Daurès , attachée de presse 

La préface du dessinateur de presse Aurel exprime sa fascination pour Rémy Belhomme. La musique a établi un lien amical entre eux. Il a objectivement déclaré que ce roman aurait dû être écrit il y a longtemps, et les lecteurs sont invités à juger par eux-mêmes. Un avant-propos convaincant et sincère.

Tout a commencé à Casablanca en 1956, un dimanche matin ensoleillé, une journée de détente autour d'une cuisine délicieuse chez les Di Méglio, et enfin pour Adolphe, une anisette au café de Paris . Leur tranquillité sera brisée par un bruit étrange , des sanglots des voisins du dessus. Un couple vit dans l’appartement avec ses enfants. Finalement que se passe t-il ? Ils sont sur le point de découvrir quelque chose d'incroyable...

Rémy, 6 mois, et son frère cadet Frédéric, qui a deux ans de plus que lui, sont devenus orphelins par le départ soudain de leur mère. Ginette Chausson est partie sans aucune explication, laissant son mari et ses enfants pour retrouver son amant. C'est une femme qui aspire à une vie éphémère.

Le développement affectif de ces enfants semble instable et l'anxiété commence à s'enraciner dans leurs cœurs. Face à un destin cruel et incertain, leur père les présente à une nouvelle mère à Paris pour remplacer l'abandon de leur génitrice.

Les Editions au pluriel - La mama de Casa

En ce qui la concerne, Ginette accompagnera le beau Marcel dans ses aventures. Une vie superficielle qui alterne entre luxe et modestie. Leur existence sera partagée par d'innombrables nuits de jeux et de voyages.

Une triste réalité qui s’annonce pour Rémy et Frédéric . Bien qu'elle soit involontairement rigide, ils grandiront avec une mère aimante et attentionnée. Cependant , le souvenir de Ginette au patronyme “la mama de casa” restera dans leur mémoire. Elle apparaîtra comme une illusion de temps en temps , la visite d’une inconnue pour ces enfants . Contrairement à son frère, la souffrance de Rémy continuera à se développer avec l'âge.

Les deux frères sont en désaccord depuis leur naissance. Leur relation est chaotique. Lorsqu'ils atteindront l'âge adulte, ils suivront leurs croyances tout en s'efforçant de respecter le territoire de l'autre.

Au fil des années , Ginette Chausson reviendra bousculer leur existence. Nous assistons à toutes sortes d'émotions dans une famille essayant de se reconstruire ailleurs , chacun de son côté.

Rémy Belhomme signe un roman poignant d’une plume élégante et poétique . Il a raconté l'histoire de sa famille d'une manière humble et sensible, soulignant son traumatisme depuis cet abandon inexplicable.

L'écrivain démarre chaque chapitre par une émouvante sentence sur la vie écrite par Marc Lavoine, Huges Auffray ou encore Maxime Leforestier. Un livre à lire sans attendre . Vous serez fasciné par l’écriture de Rémy Belhomme .